éléphant bisous doudou, coloriage et fable, le Rat et l'Éléphant, de quoi passer un bon petit moment de détente et loisir créatif.
Se croire un personnage est fort commun en France.
On y fait l’homme d’importance,
Et l’on n’est souvent qu’un bourgeois (1) :
C’est proprement le mal françois .
La sotte vanité nous est particulière.
Les Espagnols sont vains, mais d’une autre manière.
Leur orgueil me semble en un mot
Beaucoup plus fou, mais pas si sot.
Donnons quelque image du nôtre,
Qui sans doute (2) en vaut bien un autre.
Un Rat des plus petits voyait un Eléphant
Des plus gros, et raillait le marcher un peu lent
De la bête de haut parage (3),
Qui marchait à gros équipage (4).
Sur l’animal à triple étage
Une Sultane de renom,
Son Chien, son Chat, et sa Guenon,
Son Perroquet, sa vieille (5), et toute sa maison,
S’en allait en pèlerinage.
Le Rat s’étonnait que les gens
Fussent touchés (6) de voir cette pesante masse :
Comme si d’occuper ou plus ou moins de place
Nous rendait, disait-il, plus ou moins importants.
Mais qu’admirez-vous tant en lui vous autres hommes?
Serait-ce ce grand corps, qui fait peur aux enfants ?
Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes,
D’un grain (7) moins que les Eléphants.
Il en aurait dit davantage ;
Mais le Chat sortant de sa cage
Lui fit voir en moins d’un instant
Qu’un Rat n’est pas un Eléphant.
Rat (le) et l'Éléphant VIII, fable 15
Dans certains pays de l'Asie
On révère les éléphants,
Surtout les blancs.
Un palais est leur écurie,
On les sert dans des vases d'or,
Tout homme à leur aspect s'incline vers la terre,
Et les peuples se font la guerre
Pour s'enlever ce beau trésor.
Un de ces éléphants, grand penseur, bonne tête,
Voulut savoir un jour d'un de ses conducteurs
Ce qui lui valait tant d'honneurs,
Puisqu'au fond, comme un autre, il n'était qu'une bête.
Ah ! Répond le cornac, c'est trop d'humilité ;
L'on connaît votre dignité,
Et toute l'Inde sait qu'au sortir de la vie
Les âmes des héros qu'a chéris la patrie
S'en vont habiter quelque temps
Dans les corps des éléphants blancs.
Nos talapoins l'ont dit, ainsi la chose est sûre.
- Quoi ! Vous nous croyez des héros ?
- Sans doute. -et sans cela nous serions en repos,
Jouissant dans les bois des biens de la nature ?
- Oui, seigneur. -mon ami, laisse-moi donc partir,
Car on t'a trompé, je t'assure ;
Et, si tu veux y réfléchir,
Tu verras bientôt l'imposture :
Nous sommes fiers et caressants ;
Modérés, quoique tout-puissants ;
On ne nous voit point faire injure
À plus faible que nous ; l'amour dans notre cœur
Reçoit des lois de la pudeur ;
Malgré la faveur où nous sommes,
Les honneurs n'ont jamais altéré nos vertus :
Quelles preuves faut-il de plus ?
Comment nous croyez-vous des hommes ?
Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794)
La correction rédactionnelle, comme l'illustration de manuscrit est de mes compétences, un plaisir réel que je prends à m'approprier une histoire, ses personnages afin d'en être l'illustrateur… respectueuse de l'envie de l'auteur, je me fonds à ses attentes, pour que les personnages et scènes créés rejoignent l'histoire qui est inscrite dans sa tête et son cœur.
Je suis avant tout une créative, graphiste, styliste. Le développement internet augure la création de site et le référencement… Sur mon studio de création, vous me découvrirez en tant que designer… Artiste, j'expose mes passions : l'art en général, la photo et l'univers enfant, avec l'illustration enfant. J'adore écrire, et défends aussi les auteurs contemporains.