Le suminagashi est une technique japonaise de marbrage qui consiste à faire flotter de l’encre à la surface d’une eau immobile, puis à y poser une feuille de papier pour transférer le motif. Comptez vingt minutes pour une première feuille, et aucun matériel professionnel.
En anglais, la requête la plus fréquente sur ce sujet est « how to make suminagashi marbled paper ». La méthode, elle, ne change pas d’un pays à l’autre : de l’eau, de l’encre qui s’étale à la surface, un peu de dispersant et du papier traité à l’alun.
Table of Contents
- 1Ce qu’il vous faut (matériel)
- 2Faut-il épaissir l’eau pour faire du marbrage ?
- 3Quel papier utiliser pour le suminagashi
- 4Comment faire du papier marbré suminagashi, étape par étape
- 5Étape 1 : préparer votre espace de travail
- 6Étape 2 : déposer l’encre à la surface de l’eau
- 7Étape 3 : créer le motif marbré
- 8Étape 4 : poser et relever la feuille
- 9Étape 5 : sécher et finir la feuille
- 10Erreurs courantes et comment les corriger
- 11Questions fréquentes
- 12Quel papier utiliser pour le suminagashi ?
- 13Faut-il épaissir l’eau pour faire du papier marbré ?
- 14Quels ingrédients faut-il pour faire du papier marbré ?
- 15Comment faire du papier marbré à la maison ?
- 16Que signifie le mot suminagashi ?
- 17À partir de quel âge faire du suminagashi avec un enfant ?
- 18Conclusion
Ce qu’il vous faut (matériel)

La liste est courte, et presque tout se trouve déjà dans une maison. Le seul matériel vraiment indispensable est le bac d’eau et l’encre.
- Un bac peu profond : une assiette creuse, un plat rond de 25 à 30 cm de diamètre, une boîte de conservation ou un bac à glaçons en plastique. Évitez les récipients de plus de 5 cm de profondeur : l’encre met plus de temps à rejoindre le fond et les motifs deviennent ternes.
- De l’encre : encre sumi liquide ou encre de marbrage. À défaut, gouache, aquarelle liquide, peinture acrylique très diluée ou colorant alimentaire fonctionnent, avec des couleurs moins vives.
- Un dispersant : quelques gouttes de liquide vaisselle dans l’eau, ou de la gomme de marbrage (gomme arabique ou carraghénane) pour un rendu plus net. Le liquide vaisselle est la solution de départ la plus simple.
- Un pinceau large : un pinceau de calligraphie plat, ou un vieux pinceau. Un petit morceau de carton plié en deux dépose aussi une quantité contrôlée de liquide à la surface.
- Un curedent ou un skewer de bambou : indispensable pour les volutes. Un curedent suffit si vous n’avez que ça.
- Un compte-gouttes ou une pipette : pour des points réguliers.
- Du papier : papier washi ou hosho fin, papier de riz, ou à défaut papier de dessin de 90 g et plus.
- De l’alun (sulfate d’aluminium et de potassium) en poudre : c’est lui qui empêche l’encre de traverser le papier.
- Un fond de travail protégé, des vieux torchons et des gants : l’encre de marbrage tache durablement les doigts et les surfaces.
Sans rien acheter d’autre, une assiette, de l’eau, du liquide vaisselle, du colorant alimentaire et une feuille d’imprimante donnent un résultat correct pour un premier essai. L’alun reste le seul achat que je recommande : sans traitement, les couleurs bavent et le tirage devient terne. Un petit pot en poudre coûte quelques euros et se garde des années.
Faut-il épaissir l’eau pour faire du marbrage ?
Non, pas pour débuter. Une eau du robinet, laissée immobile cinq minutes dans le bac, suffit à obtenir des anneaux bien formés. Épaissir l’eau avec de la gomme arabique ou du carraghénane stabilise la tension de surface et permet des motifs plus fins, mais c’est une étape de perfectionnement, pas un prérequis. Le seul ajout utile pour démarrer reste cinq gouttes de liquide vaisselle.
Quel papier utiliser pour le suminagashi
Le bon papier est fin, absorbe de façon régulière et reste assez résistant pour ne pas se déchirer sur l’eau. Un papier trop absorbant boit l’encre et donne un tirage flou ; un papier trop épais refuse de rester à plat et se fissure au retrait.
| Papier | Absorption | Netteté du tirage | Aptitude pour un enfant |
|---|---|---|---|
| Washi ou hosho | Très faible | Maximale | Fragile, plutôt après 6 ans |
| Papier de riz | Faible | Très bonne | Très fragile, se déchire vite |
| Papier de dessin 90 à 120 g | Moyenne | Correcte avec alun | Bon compromis |
| Papier d’imprimante | Forte | Correcte avec alun | Économique, mais fibres visibles |
Traitez toujours le papier à l’alun avant de commencer : une cuillère à café rase d’alun pour 250 ml d’eau chaude, laissez refroidir, puis trempez la feuille une minute et séchez-la à plat sur une serviette. Le traitement est définitif et n’abîme pas le papier.
Comment faire du papier marbré suminagashi, étape par étape

Étape 1 : préparer votre espace de travail
Protégez la table, versez 1 à 2 cm d’eau dans le bac, et rincez-le à l’eau claire : le moindre résidu de savon fait glisser les motifs. Prélevez une petite quantité d’encre dans une coupelle, avec un pinceau différent par couleur, et gardez des torchons à portée de main.
Le repère visuel est simple : l’eau doit être parfaitement immobile. Si vous voyez des cercles concentriques qui tremblent, attendez encore quelques secondes.
Étape 2 : déposer l’encre à la surface de l’eau
Trempez le pinceau, essorez l’excédent sur un torchon, puis posez la pointe à 1 cm au-dessus de l’eau et laissez tomber une seule goutte. Elle s’ouvre en un anneau. Recommencez, en passant le pinceau dans le liquide vaisselle entre chaque couleur : ce geste repousse l’anneau précédent vers l’extérieur et construit les cercles concentriques classiques.
Pour une seule feuille, comptez 8 à 15 dépôts. Au-delà, la surface s’encombre et les couleurs se mélangent.
Étape 3 : créer le motif marbré
Trois gestes suffisent. Le courant : tracez une courbe à la surface avec le curedent, sans toucher le fond, et vous obtenez des volutes. Le souffle : expirez doucement à travers une paille, en travers de la surface, pour obtenir des formes qui ressemblent à des nuages. Le peigne : tirez un curedent d’un bord à l’autre en lignes parallèles pour des rayures régulières.
Arrêtez-vous quand le motif vous plaît, pas quand la technique est finie. Chaque manipulation fluidifie l’encre, et quelques secondes de plus transforment un motif net en bouillie coloré. Essuyez votre outil sur un papier usagé entre chaque passage.
Étape 4 : poser et relever la feuille
Tenez la feuille par deux coins opposés et glissez-la à plat sur l’eau, du centre vers les bords, plutôt que de la lâcher d’un coup. C’est ce geste qui évite les bulles d’air, responsables des trous blancs. Comptez 3 à 5 secondes de contact, le temps que l’alun accroche l’encre au papier.
Pour la retirer, faites glisser un coin vers vous, puis décollez le reste d’un mouvement continu. Tirer vers le haut d’un coup fait glisser le motif et l’étire.
Étape 5 : sécher et finir la feuille
Posez la feuille à plat, encre vers le haut, et laissez-la sécher 2 à 4 heures à l’air libre, loin d’un radiateur. Le papier gondole en séchant : mettez-le à plat sous quelques livres ou sous une plaque de verre pendant une nuit, il ressortira plat et sans ondes.
Une feuille ratée n’est pas perdue. Découpez-la en bandes pour un collage, ou gardez-la comme papier d’essai pour vos prochains essais.
Erreurs courantes et comment les corriger
La plupart des ratages viennent de trois choses : l’eau n’est pas assez calme, le papier est mal traité, ou les gestes sont trop rapides.
| Problème | Cause | Correction |
|---|---|---|
| Taches blanches, trous dans le motif | Bulles d’air sous le papier | Déposer la feuille du centre vers les bords, doigts secs, et attendre 5 secondes avant de relever |
| Tirage flou ou baveux | Papier trop absorbant, alun manquant ou insuffisant | Traiter le papier à l’alun une minute, ou choisir un washi plus fin |
| Motif terne, couleurs délavées | Trop de dépôts empilés, encre trop diluée | Limiter à 10 dépôts, ajouter une goutte de savon, renouveler la couche d’alun |
| La feuille se déchire au relevé | Papier de riz ou washi fin, pose trop brutale | Prendre un papier de dessin de 90 g, poser la feuille par les coins et la glisser sur l’eau |
| L’encre coule au fond du bac | Encre trop chargée en pigment, bac trop profond | Diluer l’encre de marbrage, ramener la profondeur d’eau à 1 ou 2 cm |
| Les motifs se mélangent en bouillie | Trop de passages du curedent | Faire un ou deux passages maximum, puis relever immédiatement |
| La feuille gondole au séchage | Séchage au radiateur ou à plat sans poids | Sécher à l’air libre, puis mettre sous poids toute une nuit |
| Traces d’encre sur la table et les doigts | Absence de protection, excès de liquide vaisselle | Feuille de protection sous le bac, gants pour les enfants, torchons autour du bac |
Un bac d’eau propre donne en général 4 à 6 tirages corrects. Entre deux feuilles, retirez les restes d’encre à l’épingle, absorbez le surplus avec un papier, et changez l’eau dès qu’elle se trouble.
Une confusion fréquente : le suminagashi n’est pas l’ebru turc. L’ebru repose sur des peintures à l’huile et une gomme adragante, dans un bac plus profond, et le geste demande plus de précision. Le suminagashi, à base d’encre et d’eau, est plus rapide, plus lavable et sans solvant : c’est pourquoi les familles l’utilisent avec des enfants.
Questions fréquentes
Quel papier utiliser pour le suminagashi ?
Le meilleur papier reste le washi ou le hosho fin, très peu absorbant, qui restitue des contours nets. Le papier de riz donne un rendu proche mais se déchire vite. Pour les enfants ou un premier essai, un papier de dessin de 90 g à 120 g traité à l’alun est le meilleur compromis. Évitez le papier d’imprimante non traité, trop absorbant : le tirage devient flou et baveux.
Faut-il épaissir l’eau pour faire du papier marbré ?
Non, pas pour débuter. Une eau du robinet laissée immobile quelques minutes dans le bac suffit à obtenir des anneaux bien formés, et le liquide vaisselle agit déjà comme stabilisateur de surface. Épaissir l’eau avec de la gomme arabique ou du carraghénane affine les motifs et permet des traits plus fins, mais c’est une étape de perfectionnement, pas une obligation pour réussir ses premières feuilles.
Quels ingrédients faut-il pour faire du papier marbré ?
Il faut de l’eau, de l’encre qui flotte (encre sumi, encre de marbrage, gouache ou aquarelle diluée), un dispersant (liquide vaisselle ou gomme de marbrage), un bac peu profond et du papier traité à l’alun. Ajoutez un pinceau plat, un curedent et un compte-gouttes pour les motifs. Tout cela se trouve en magasin de loisirs créatifs, ou se remplace par des objets du quotidien.
Comment faire du papier marbré à la maison ?
Un bac rond de 25 à 30 cm, 1 à 2 cm d’eau, cinq gouttes de liquide vaisselle et de l’encre suffisent. Faites tomber dix gouttes de couleur, une touche de savon entre chacune, dessinez une volute au curedent, puis posez la feuille à plat par les deux coins pendant cinq secondes avant de la relever. Comptez vingt minutes pour le premier tirage, séchage compris.
Que signifie le mot suminagashi ?
Suminagashi se traduit par encre qui flotte. La technique consiste à déposer de l’encre sur une eau immobile, à dessiner à la surface, puis à transférer le motif sur une feuille posée dessus. D’origine japonaise, elle remonte au XIIe siècle et découle du marbrage chinois. Chaque tirage étant unique, c’est une technique d’impression à la fois ancienne et peu coûteuse.
À partir de quel âge faire du suminagashi avec un enfant ?
Comptez 5 ou 6 ans, quand l’enfant sait poser une feuille à plat et tenir un pinceau. Avant, la feuille finit trempée ou déchirée : prévoyez une grande feuille et montrez le geste de placer le papier par les coins. En famille, prévoyez une bassine par enfant, sinon ils se disputent la même. Un adulte reste à côté pour le liquide vaisselle et le nettoyage.
Conclusion
Commencez simple : deux ou trois couleurs, un bac rond rempli de 2 cm d’eau, une feuille traitée à l’alun. Faites tomber huit gouttes, une touche de savon entre chaque, un passage de curedent, et relevez. Votre première feuille de papier marbré suminagashi est prête en vingt minutes.
Ensuite, transformez les feuilles en cartes, marque-pages, papier cadeau, fonds de collage ou décor de cahier. Aucun motif ne se répète, et c’est précisément ce qui en fait le meilleur papier pour un usage différent à chaque tirage.


